Le Malade Imaginaire

2002 Affiche MaladeImaginaireRestitué dans sa forme originelle de Comédie-Ballet avec danses et intermèdes. Il est précédé d'un hommage à Molière et bien entendu se terminera par la fameuse cérémonie au cours de laquelle le "patron" rendit l'âme. Un "Malade" plein de verve, de truculence, de santé !

Molière et le Malade Imaginaire PDF Imprimer Envoyer par E-mail
Fatigué, malade, Molière a, avec Le Malade Imaginaire, un personnage à sa mesure, qui lui permet de ne pas porter les lourds costumes de l'époque. Ce n'est pas la première fois que Molière se moque des médecins de son temps. Il a déjà ridiculisé leur ignorance et leurs prétentions dans "Le Médecin Volant" (1659), "L'Amour Médecin" (1665), "Le Médecin Malgré Lui" (1666) et "Monsieur de Pourceaugnac" (1669).

Il y a pourtant quelque chose de neuf et c'est le plus important : depuis plusieurs années Molière souffre d'une maladie des poumons, il tousse et crache du sang. Il se sent perdu. Il sait que la médecine de son temps ne peut rien pour lui, sinon l'affaiblir et le faire souffrir davantage.

(Si le personnage du médecin était une figure traditionnelle de la comédie, il faut dire que les médecins de l'époque se prêtaient à la moquerie. Peu nombreux à Paris, ils étaient très chers. Leurs soins se limitaient le plus souvent à trois choses: la saignée, la purge, le lavement ou clystère). Un historien a pu dire d'eux: "lorsque le malade est entre leurs mains, son heure dernière ne tardait pas à sonner".

Voilà pourquoi il imagine de s'attaquer cette fois-ci, non seulement à la dangereuse ignorance des médecins, mais aussi à la naïve crédulité des malades qui leur font confiance...

C'est en jouant ce rôle que, dans l'après-midi du 17 février, il fut pris d'un malaise dont il devait mourir peu après. Il justifiait ainsi le mot de Joseph Béjart, mort lui aussi dans des circonstances semblables: " on crève mais on finit son rôle".

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Le mot du metteur en scène

Argan, riche bourgeois se croyant malade, s'est livré entièrement aux médecins. Ce père aurait pu vivre heureux et se consoler de son veuvage entre ses deux filles. Il aurait pu continuer à faire son profit des conseils de son excellent frère, des soins et du dévouement de sa fidèle servante. Mais, il abusera de sa prétendue maladie pour soumettre son entourage aux caprices de sa névrose. Aveuglé par l'égoïsme de son corps, il est prêt à céder aux plans dressés par les clans personnels ou professionnels de l'hypocrisie et de l'intérêt... Pour le défendre, le seul moyen c'est la ruse d'une fausse morte qui dévoile enfin l'hypocrisie de coeur d'une épouse aussi inquiétante qu'odieuse ; et le seule remède contre l'aveuglement et la hantise de la maladie, c'est qu'Argan se fasse Médecin !

Au XVIIème siècle, la situation de la médecine ne pouvait guère permettre à l'ironie populaire de désarmer. En raillant les médecins, Molière sait qu'il va trouver un écho favorable dans l'esprit du public. Alors, il s'acharne. Mais cette comédie, Molière la veut divertissante. Elle plaira au peuple et à la ville !

Aujourd'hui, la profonde leçon du Malade Imaginaire n'a rien perdu de son actualité. Si importants qu'aient été les progrès de la médecine depuis plus de trois siècles, le grand problème reste, pour elle, de savoir dans quelle mesure elle doit guérir l'homme, "aider la nature"... ou la forcer.

Molière sut, mieux que ses devanciers, orienter les comédiens sans jamais restreindre leur espace de liberté créative. Nous avons essayé, modestement, de lui emboîter le pas, de retrouver sa trace... parfois dans l'excès et le décalage (le "Carnaval autorise cela"), faire une franche comédie où toute la gamme des effets comiques soit utilisée. A ces sources éternelles du rire se retrouvent les "agréments" et les divertissements que peut procurer l'union de la Poésie, de la Musique et de la Danse, c'est-à-dire le genre de la "Comédie-Ballet".

Pierre Castello, metteur en scène

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